Pierre Antoine de la Franquerie s'approchait des cotes francaises, en direction du port du Havre. Depuis des mois de longue traversee sur toutes les mers et les oceans, l'equipage entier avait eu le temps de s'accoutumer aux differentes variations du climat et de la nature. L'air charie par les vents contre le visages des passagers etait reconnaissable a l'odeur de l'embrin marin de la mer de la La Manche et de la Bretagne, apres avoir deja depasse l'Atlantique, au large de la Rochelle. Pierre-Antoine de la Franquerie laissait partir derriere lui tous ses souvenirs d'Asie et de Polynesie, comme les pages tres lourdes d'un livre a fermer derriere lui. Toutes ces annees il avait naviguer jusque dans les iles au larges de l'Indonesie, pour securiser des voies commerciales et maritimes, contre les pirates et les forbans des mers. A quelques reprises, il coula quelques vaisseaux militaires de la couronne britannique, qui s'aventurait, malgre ...